Besoin de nature Retisser le lien à la nature

[Enquête] Education Nature… pensez-vous comme 55% des français?

 

 

En farfouillant sur le web, je suis tombée sur une étude américaine particulièrement intéressante.

En effet, elle fait suite aux recherches qui sont de plus en plus nombreuses à prouver que nos enfants sont de plus en plus coupés de la nature et que cela serait une des causes majeure de bien des maux: hyperactivité, troubles de l’attention, obésité, etc.

Cette enquête a donc été réalisée directement auprès des parents, pour savoir quelle place ils accordaient aux activités nature pour leurs enfants.

Vous allez voir, les résultats sont très intéressants.

 

Vous pouvez écouter le podcast directement sur le blog en cliquant sur le bouton Lecture.  Pour enregistrer le podcast sur votre ordinateur et l’écouter en faisant la vaisselle par exemple, en faisant un clic droit ici, puis Enregistrer le lien sous. 

 

petit-sauvage
Petit sauvage!

Photo: a natural thing

Cette étude américaine a été réalisée à la demande du Nature Conservancy (USA),
auprès de parents d’enfants âgés entre 3 et 18 ans, aux Etats-Unis,
Brésil, Chine, Hong Kong et France.

Elle étudie d’une part le temps passé dehors et dans la nature par les enfants
et d’autre part l’importance accordée par les parents à ce temps
d’activités de plein air et de nature.

Comme nous pouvions nous y attendre, dans ces 5 pays, les parents
interrogés souhaitent que leurs enfants passent plus de temps à
l’extérieur, dans la nature, et sont convaincus que cela leur est bénéfique. Mais il y
a des variations selon les pays. Vous allez voir que la place que l’on accorde à la nature pour
le bien être et l’épanouissement des enfants n’est pas la même partout…

Voici un compte rendu des 7 points étudiés:

Découvrez dès à présent quelle sont les questions qui ont été posées aux parents
dans ce sondage et quelles sont leurs réponses.
Dans chaque pays, l’étude a porté sur
un échantillon de 400 personnes (800 aux USA) interrogées de façon aléatoire à la sortie d’un
supermarché. Vous trouverez un lien vers le compte rendu complet de l’étude (en anglais)
en bas de cet article.

1) Quelles sont les activités habituellement pratiquées chaque jour par les enfants

Dans les 5 pays étudiés, arrivent en tête les activités liées aux
apprentissages scolaires. Mais alors que les petits américains
s’adonnent ensuite aux ordinateurs (73%), les petits français vont
jouer dehors. Ces jeux ont-ils lieu dans un endroit où la nature est
très présente? En fait… non! Enfin si mais seulement pour 16%
d’entre eux…

2) Les parents sont-ils inquiets que les enfants ne passent pas assez de temps dehors et dans la nature?

Au Brésil, aux Etats Unis et à Hong Kong, c’est un OUI franc. En
revanche, en France, les parents en sont beaucoup moins inquiets. 1
parent sur 5 affirme même que cela n’a aucune importance selon lui!

3) Les parents considèrent-ils cela comme essentiel que les enfants soient en lien avec la nature pour leur épanouissement?

Aux Etats-Unis et au Brésil, respectivement 82% et 89% des parents
considèrent cela comme très important. 92% des parents brésiliens
interrogés pensent d’ailleurs qu’il est essentiel que leur enfant
apprennent des choses concernant la nature. Et en France? Accrochez-
vous: presque 1 parent sur 2 (45%) ne considère pas cela comme très
important.

4) Quels sont les bénéfices perçus du temps passé dans la nature?

Sur ce point, les parents des 5 pays étudiés s’accordent pour
constater que le temps que leurs enfants passent dans la nature est
bénéfique pour:

  • Prendre l’air et faire de l’exercice (89% des français)
  • Mieux se concentrer lorsqu’ils sont à l’école (82%)
  • S’amuser (81%)

92% des parents américains interrogés estiment que cela permet
d’éloigner les enfants des écrans (contre 52% des français).
92% des parents brésiliens interrogés pensent que cela développe la
créativité (contre 77% des français) et aide à prendre conscience des
bienfaits d’une alimentation saine et d’une agriculture raisonnée (77%
des français).

5) Les parents pensent-ils que leur enfant devrait davantage jouer
dehors, dans la nature?

Oui. C’est le cas de plus d’un parent sur deux dans les cinq pays
étudiés. Cela est toutefois plus marqué au Brésil (53% pensent que
leur enfant devrait passer beaucoup plus de temps dehors dans la
nature, contre 19% en France).

6) Quels sont les obstacles qui empêchent les enfants de passer plus de temps dehors?

En France (ainsi qu’au Brésil), l’obstacle majeur est la peur que nos
enfants soient victimes d’agressions (44%, contre 18% aux USA).
A Hong Kong et en Chine, la raison est tout autre: les enfants ont
trop d’autres choses à faire, comme les devoirs ou autres activités.

7) Les parents utilisent-ils les outils technologiques (comme
internet) pour les aider dans leurs activités nature?

La réponse est oui, surtout à la maison (les parents recherchent des
idées d’activités nature par exemple) et parfois même sur le terrain
(Applications mobiles). Enfin… pour près d’un parent sur trois, aux
Etats-Unis comme en France, la réponse est encore non!

petite-fille-pleine-de-boue
Plaisir sensoriel inégalé!

 Photo: Brian Flatgard

 

Conclusions:

Les résultats de cette enquête soulignent un large consensus, et ce
quelques soient les cultures: les parents sont préoccupés par le
souhait que leurs enfants passent plus de temps dehors.

55% des parents interrogés en France considèrent même comme une priorité
le fait que leurs enfants passent plus de temps dans la nature.

Ce souhait estdirectement relié aux bénéfices perçus pour la santé, mais aussi au
rôle favorable que les parents accordent aux jeux dans la nature pour
le développement de leurs enfants.

Personnellement, je suis un peu surprise que les parents français 

interrogés semblent accorder un peu moins d’importance au rôle de la nature
pour l’épanouissement de leurs enfants. Je me suis d’abord dit que les
pays qui accordait plus d’importance à cette
question étaient ceux
dont les enfants avaient le moins facilement
accès aux espace de nature
et qui donc en ressentaient le manque.

Mais non!

A la question 6 (Quels sont les obstacles qui empêchent les enfants de
passer plus de temps dehors?), la réponse aurait pu être massivement:
« Il n’y a pas d’espaces de
nature à proximité de notre logement ».
Or, elle ne concerne ne concerne que 13% des français
et…12% des américains! Là n’est donc pas le problème!

Pourtant, de plus en plus d’études démontrent les bienfaits des jeux
libres dans la nature pour nos enfants. Pour leur santé psychique,
physique, leur réussite scolaire…

J’en conclus donc que l’information fait défaut en France sur cette 

question. Il me semble pourtant urgent d’agir! Je les croise chaque
jour à l’école, ces enfants qui ne tiennent pas en place parce qu’ils
n’ont pas assez joué dehors. Ou qui pleurent parce qu’ils ont mis un
peu de terre sur leur vêtement. Ou qui nomment sans peine tous les
Pokémon mais ne connaissent pas un nom de fleur… Et je n’ose pas
encore parler de ceux à qui on a toujours interdit de jouer avec un
bâton, de grimper dans un arbre ou de se rouler dans l’herbe… par
précaution!

Même si chacune des études telle que celle que je viens de vous
présenter est imparfaite à elle seule, elles sont un moyen d’éveiller
la conscience publique à la question du lien entre la nature et un
développement harmonieux de l’enfant.

donc j’en appelle à votre contribution et je vous remercie de faire suivre cet article!

Merci de faire suivre cet article!

 

Emilie Lagoeyte

bebe-balade

 


 

Source: international-kids-and-nature-survey-summary-memo


 

(Jingle du podcast: source sonore: www.universal-soundbank.com, Chant d’oiseaux variés et Senegal – inst : Tambours – Voix)

 

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9 Comments

  1. Superbe ton podcast EMILIE !
    Je vois que tu vas avoir encore du boulot pour convaincre les petits français de sortir un peu plus
    Et c’est superbe car les gens (parents) pourront avoir des idées avec ton blog!
    A plus
    renata

    1. Oui, Renata, nous ne sommes peut-être pas sur la bonne pente… Alors on va essayer d’inverser la tendance! 😉

  2. Cet article m’interpelle vraiment beaucoup. D’autant plus qu je me bat depuis septembre avec la maîtresse de mon fils qui est en moyenne section et qui n’a pas de récréation l’après-midi. A ce qu’il parait il n’y a pas le temps malgré le fait que la sieste se fasse durant les activités périscolaires mais à priori il n’y a que moi que cela choc. Durant l’hiver, les jours de neige ils n’ont pas eu le droit d’y toucher car cela mouille les gants et mon fils m’a même raconté qu’il s’était fait punir car il a salit son pantalon. Je reprend le travail dans un mois et suis très préoccupée car je ne pourrais plus lui proposer nos balades quotidiennes.

    1. Bonjour Anne-Sophie,
      Avant tout, je ne peux que te conseiller de voir le verre à moitié plein…
      Je sais que comme toi, je serais bien triste et inquiète de savoir ma fille dans le contexte précis que tu as décrit (et je pense que ce sera le cas quand elle entrera à l’école). J’ose espérer cependant que les journées d’école apportent des centaines de choses positives à ton enfant. En temps qu’enseignante, j’ai constaté que les enfants dont les parents avaient une attitude de rejet de l’école (je ne dis pas que c’est ton cas, je n’en sais rien! Mais ça peut le devenir) n’étaient jamais sereins à l’école, et pour cause. Personnellement, je me prépare déjà à développer un regard positif sur l’école de ma fille parce que c’est là qu’elle va passer une grande partie de son temps et heureusement, y faire toutes sortes d’apprentissages. Bien sûr, elle ira trop peu dehors à mon goût, elle ne sera pas « A l’école de la nature ». J’aurais le choix de l’inscrire dans une école avec un projet plus proche du mien ou même de la déscolariser. Pourtant, je pense que je n’en ferai rien car je suis sûre que les longues balades du week end ainsi que les habitudes éducatives que nous avons développées lui donneront déjà un bagage suffisant. Je ne veux surtout pas qu’elle se sente en insécurité parce que je dénigre son école. Si je la sens vraiment mal ou en danger dans cette école, je l’en retirerai. Sinon, je m’efforcerai de voir le verre à moitié plein…
      Aies confiance en ce que tu as déjà donné à ton enfant et à toutes ces petites « doses » que tu continues à lui donner… C’est votre force à tous les 2, aucune maîtresse ni aucun règlement d’école ne pourra vous le retirer!

  3. Merci pour ton blog et ces belles ressources ! Pendant que je lis ces lignes, mon enfant est DEHORS dans le jardin, en pleine immersion 🙂

  4. bonjour

    merci pour cet article que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt.
    Je trouve ça juste inimaginable que « 45% de parents français ne considèrent pas comme très important que leurs enfants soient en lien avec la nature ».
    Pour moi, le lien avec la nature est une base à l’éducation. Elle apporte épanouissement, enrichissement, expérience, culture, et plein d’autres choses. Le lien à la nature stimule la créativité et le goût d’apprendre chez n’importe quel enfant. Apprendre à vivre dans et avec la nature, c’est aussi très important pour devenir un adulte cultivé, curieux et respectueux de l’environnement.

    D’un point de vu personnel, ma fille (3 ans) passe plus de temps dehors en pleine nature qu’à l’intérieur, et c’est le cas depuis ses premiers mois : jardin, forêt, champs, montagne, bord de mer, … elle a expérimenté de nombreux coins de nature, pour son plus grand plaisir. Elle est curieuse de la faune et la flore, n’en a pas peur.
    Je pense que l’attitude des parents (à l’aise ou non en pleine nature, curieux des animaux et plantes, etc) joue beaucoup dans l’envie de leurs enfants d’être en contact avec la nature ou pas.

    L’aspect culturel a beaucoup d’impact aussi. L’étude le montre bien.
    Rien qu’au niveau de la France, il y’a des différences d’attitudes « régionales » et culturelles.
    J’habite dans un petit village de montagne : ici les enfants jouent beaucoup dehors, font surtout des sports dans la nature et participent à la vie à la ferme, dans les champs et avec les animaux.
    Froid, pluie, neige : ils sortent se promener et jouer dehors. c’est la cas à l’école, mais aussi à la crèche du village, où même les bébés sortent jouer dans la neige.
    (ce n’était pas le cas dans la précédente crèche  » de ville » où ma fille allait avant. Là-bas les enfants ne sortaient que pas très beau temps, s’il n’y’avait pas trop de boue, pas de vent, etc)

    C’est bien dommage que tous les parents ne soient pas convaincus des bienfaits d’une vie en lien avec la nature.

    1. Bonjour Aurélia et merci pour votre témoignage.
      Ce que vous remarquez est intéressant à propos des différences régionales… Reste à voir quels sont les éléments qui font pencher de l’un ou de l’autre côté une tendance régionale! Je pense qu’il y a de nombreux facteurs, environnementaux, humains et associatifs, historiques…
      Vous semblez vous-même très investie dans l’éducation nature de vos enfants, je suis sûre que cela inspire d’autres autour de vous!…
      A bientôt,
      Emilie

  5. Bonsoir,

    Je trouves vos recherches très intéressantes. Merci de nous les avoirs fait partagées.

    Que pensez-vous d’enseigner non pas dans une classe mais dehors? Pensez-vous que cela peut se mettre en place chez les enseignants de primaire notamment? Faire des cours normaux mais à l’extérieur et non pas enfermés entre quatre murs.

    1. Certaines écoles intègrent déjà le dehors, la nature, de façon très poussée dans leur fonctionnement. C’est le cas notamment de l’Ecole de la Nature et des Savoirs dans la Drôme (http://www.ecolenaturesavoirs.com/), ainsi que d’autres, y compris à l’école publique.
      Des études montrent que cela est tout à fait intéressant en terme de motivation et de résultats dits scolaires (lire par exemple :
      >http://eveil-et-nature.com/ils-vont-a-lecole-dans-la-nature-quapprennent-t-ils/
      >http://eveil-et-nature.com/des-classes-maternelles-ouvertes-sur-la-nature-quels-atouts/

      Personnellement, je suis persuadée que notre école gagnerait à s’ouvrir sur la nature. Mais je pense également que nos enfants auraient bien besoin que nous autres parents, les emmenions dans la nature aussi souvent que possible, et je pense que cela aurait d’énormes répercussions positives sur leur bien être et leur réussite à l’école! 😉

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