Parents-colibris Retisser le lien à la nature

Et si vous deveniez le mentor nature de vos enfants?

 

« J’ai lu que nos enfants avaient besoin d’être reconnectés à la nature pour être plus épanouis et en meilleure santé. Moi, la nature, je ne m’y connais pas trop… Le problème, c’est que les stages nature coûtent cher, et puis à l’école ils ne font plus de classes vertes… Que puis-je faire? »

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Photo: Emilie

Voilà un problème soulevé par de plus en plus de parents.
Certains trouvent des réponses grâce aux associations nature qu’ils rejoignent près de chez eux. Mais tous ont l’intuition qu’ils pourraient eux-mêmes tisser ce lien entre leurs enfants et la nature, avec finalement peu de moyens…

Et vous, ami lecteur, lectrice, qu’en pensez-vous? Savez-vous que vous êtes très certainement parfaitement capable de devenir le mentor nature de votre ou vos enfants? Au fait, savez-vous ce qu’est un mentor?

 

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Qu’est-ce qu’un mentor?

Mentor est un personnage de L’odyssée d’Homère. C’est le plus fidèle ami d’Ulysse qui lui confie le soin de veiller sur sa maison ainsi que sur l’éducation de son fils Télémaque. Mentor devient donc le conseiller de Télémaque, qu’il protège et guide dans ses choix.

Dans Télémaque (1699) de Fénélon, c’est Athéna, déesse de la sagesse, qui a pris l’apparence de Mentor pour veiller sur Télémaque et lui dispenser sa sagesse.

Le terme « mentor » est ainsi passé dans le langage courant pour désigner un conseiller bienveillant et sage. Un mentor peut également désigner une personne que l’on suit comme modèle, qui nous guide afin, peut-être, d’être un jour aussi savant ou doué qu’elle.

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Photo: Photoflurry   

6 points pour devenir un mentor nature

1-Faire vivre la nature à son enfant, plutôt par l’action et la pratique que par la théorie et les documentaires.

2-Etre soi-même curieux et observateur de la nature.

3-Saisir chaque occasion d’émerveiller son enfant, déceler les petits mystères de la nature qui ne manqueront pas de capter son attention.

4-Pouvoir servir de modèle: avoir soi-même une fréquentation régulière de la nature, savoir ouvrir l’oeil sur la nature près de chez soi, même en ville, cultiver sa curiosité des petits phénomènes ordinaires, prendre le temps d’observer, de se documenter, être respectueux dans ses pratiques….

5-Savoir s’appuyer sur les goûts de ses enfants: Qu’est-ce qui les motive le plus? Le calme ou l’action? D’être seul ou avec d’autres enfants? Sur lesquelles de ses facultés ou qualités peut-on s’appuyer? Est-il observateur, minutieux, a-t-il une bonne mémoire, un goût pour l’écriture, les supports multimédias, la technologie, le bricolage?… Quels jeux ouvrent le plus son imagination? Quels sont les ponts entre sa sensibilité du moment et la nature?

6-Savoir questionner son enfant et être à l’écoute de ce qu’il peut avoir à nous raconter. La bonne question au bon moment va favoriser sa réflexion et peut-être ancrer dans sa mémoire des détails qui auraient fini aux oubliettes, l’aider à construire une image positive et personnelle de son lien à la nature.

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Photo:  Susy Morris   

Ce que n’est pas un mentor nature

Animés par la volonté de relier nos enfants à la nature, nous mettons parfois les pieds dans le plat. Et avec nos gros sabots! Voici quelques façons de faire de parents pleins de bonnes intentions… que l’on ne pourra pas qualifier de mentors nature!

1-Avoir toutes les réponses
Lorsqu’on sait quelque chose, quoi de plus tentant que de l’enseigner à son enfant?! Or, l’enfant n’a alors plus le plaisir de découvrir par lui-même. Il se contentera souvent d’écouter mais ne s’appropriera pas l’information.
En revanche, si on l’a habilement amené à se poser lui-même la question, sans doute déploiera-t-il une énergie surprenante à trouver la réponse. A condition d’être guidé dans les étapes de sa recherche, motivé subtilement… La réponse, lorsqu’elle lui parviendra, aura alors pour lui un fort retentissement!

2-Prévoir et diriger toutes les activités
Le parent projette souvent beaucoup de choses sur son enfant. « Je vais lui apprendre à construire un sifflet, à pêcher à la ligne, à utiliser une clé d’identification, un Empreintoscope… » Peut-être cela conviendra-t-il à l’enfant. Mais il est souvent précieux de savoir suivre les propres envies de l’enfant, de laisser la porte ouverte à l’imprévu.
Peut-être l’envie de construire un sifflet lui viendra-t-elle après vous avoir vu tailler un bâton avec votre opinel? Peut-être qu’après avoir été intrigué par d’étranges traces d’animaux sur le chemin, l’enfant s’emparera avec joie de l’Empreintoscope ou du guide de détermination que vous aurez tiré de votre sac à dos?
Subtil jeu du parent qui guide son enfant non pas en le tirant vers lui mais bien en le poussant tendrement, depuis l’arrière, comme on dirige un voilier la main sur le gouvernail et l’œil sur sa voile gonflée par le vent.

3-Ne pas accepter que ses enfants vivent la nature d’une façon différente de celle que l’on avait souhaitée, imaginée, voire vécue nous-même au même âge.

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Photo: vastateparksstaff

Conclusion

Avec cet article, vous avez donc reçu une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est nul besoin d’avoir des connaissances naturalistes pour devenir un mentor nature. Si vous n’y connaissez rien, vous apprendrez donc en même temps que vos enfants!

La mauvaise nouvelle, c’est que vous devrez savoir vous retenir d’apporter toutes les réponses à vos enfants et accepter de ne pas tout contrôler.

Il y a enfin une troisième nouvelle, bonne et mauvaise… C’est que vous allez devoir questionner votre quotidien… Et oui, passer plus de temps à l’extérieur, cela prend un peu de temps! Cependant, vivre la nature au quotidien ne demande souvent que peu d’aménagements. Et ce qui est génial, c’est que vous risquez rapidement d’en ressentir les bienfaits (pour vous comme pour vos enfants!) et de sérieusement vous prendre à ce jeu, qui fera entrer de l’air pur dans votre vie, rien que ça!

 

Si vous cherchez des idées pour faire entrer plus de nature dans votre quotidien et celui de vos enfants, téléchargez le livret « Une Education Nature pour mes enfants: 4 étapes pour démarrer »!

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A très bientôt!

Emilie

 


Ressources:

How to Raise a Wild Child: The Art and Science of Falling in Love with Nature Hardcover – March 24, 2015

 


(Jingle du podcast: source sonore: www.universal-soundbank.com, Chant d’oiseaux variés et Senegal – inst : Tambours – Voix)


 

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7 Comments

  1. Je trouvais l’idée de mentor très belle. Aujourd’hui je suis de plus en plus convaincu qu’il s’agit d’un rôle essentiel. Merci pour cet article qui motive pour passer à l’action !

    Initialement, le « intervenir peu » me faisait penser que j’allais peut être m’ennuyer. En fait non : cela me donne de la disponibilité pour ma propre expérience de la nature, et puis je ne me lasse pas de regarder mon enfant jouer (un peu comme regarder un feu 😉 )

    1. Quelle belle image que celle de la contemplation du feu!
      Et puis en acceptant de ne pas forcément être le moteur des activités de notre enfant, au delà de ce qu’on lui permet de construire, je pense qu’on a souvent la chance de se laisser soi-même guider par ses propres jeux… un coup de jeune qui fait un bien fou! (j’ai descendu un toboggan la tête la première la semaine dernière, ça m’a rendu super joyeuse pour le reste de la journée! 😉 )

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