Jardiner avec les enfants (2/3): les erreurs à éviter

 

Vous voulez jardiner avec les enfants? Mais vous avez peur de mal vous y prendre? C’est de cette façon que je m’y suis prise au début: de travers… ce qui m’a permis d’affiner ma pratique! Je vous livre aujourd’hui ces erreurs de débutant qui font que les enfants passent parfois à côté de belles occasions de jardiner. En vous proposant des pistes pour susciter leur enthousiasme !

Photo : Woodleywonderworks

 

Quels sont les pièges à éviter lorsque l’on jardine avec les enfants ?

 

Voici le programme des publications de notre programme jardinage :

  1. Pourquoi nous recommandons le jardinage avec les enfants
  2. Les erreurs à éviter quand on jardine avec un enfant
  3. Le potager des enfants : 3 vidéos pour créer un potager bio avec les enfants… même sur un balcon ! (en ligne à partir du 27 mars)

 

 

1) Obliger à jardiner

Vous avez envie de jardiner et de partager avec un/des enfant(s) mais comment réagir si eux n’en n’ont aucune envie ?

Pas de secret sur ce point, l’essentiel de la réponse se situe dans l’enthousiasme que nous arrivons à susciter ou pas !

Photo : Henry Borrows

Il est probable qu’un enfant s’enthousiasme très vite si on lui propose de mettre en place avec lui son coin de jardin pour qu’il y fasse pousser quelque chose qu’il pourra manger. Et si on essayait de faire pousser des fleurs qui se mangent ? Rien n’empêche par la suite de le faire participer aux différentes étapes avant les semis : recherche du terreau, de bacs de récupération, achat de semis ou plants,…Je vous conseille tout de même de ne pas mettre trop de temps entre ces différentes étapes.

Il est aussi possible qu’un enfant s’enthousiasme moins si on le fait participer aux étapes de préparation sans avoir idée de l’objectif final et de sa place au sein du projet : « On va acheter du terreau, aide-moi à retourner ce bout de terrain,… » Là encore, cela dépend de chaque individu mais jardiner avec un enfant nécessite de lui laisser une place évidente au sein du projet.

L’enfant doit donc se sentir investi d’un rôle. A vous de définir le projet qui vous correspond le mieux. Est-ce que-ce sera un petit coin de jardin dont l’enfant sera responsable, c’est son jardin ? Est-ce plutôt le coin de jardin de tous où chacun a un libre accès (avec des règles) ? Quoi qu’il en soit, il est important d’expliciter le projet. L’enfant ne peut pas forcément deviner ce que nous avons en tête !

Et si votre enfant refuse ? Ce n’est pas grave et cela n’est peut-être pas définitif ! Vous avez alors la possibilité de tout mettre en place (si vous-même avez une volonté réelle de jardiner un peu !) en expliquant que vous avez très envie de jardiner ! Vous présentez donc vos projets (essayer de faire pousser des radis, tomates, fleurs pour les manger ensuite) et laissez la possibilité à l’enfant de vous rejoindre au moment où il en aura envie. Il y a fort à parier que si vous montrez un réel enthousiasme pour votre activité, votre enfant sera vite intéressé par ce petit coin

2) Défendre l’accès libre

Si nous entrions dans un magasin de porcelaine aux allées étroites alors que nous sommes équipés d’un gros sac à dos de montagne…Nous aurions très peur de faire une maladresse et nous ne profiterions pas de la visite.

Permettre l’accès au jardin pour que l’enfant puisse s’approprier l’espace- DARIEN LIBRARY

Cela peut être la même chose pour le coin jardinage. On élabore des règles de base (on ne marche pas sur les planches de culture, on ne fait pas des montagnes avec le tractopelle à l’endroit des semis, quand on goûte le persil, on ne coupe pas tout le bouquet,…) pour que le jardin et ses cultures soient respectés et que chaque individu (enfant comme adulte) y ait sa place. Mais le libre accès (si jamais il n’y a aucun danger) me semble important pour que l’enfant observe seul, touche,…s’approprie le coin jardin. Il pourra alors lui aussi être à l’initiative de certaines actions ou projets, s’enthousiasmer de ses observations.

 

 

Le radis n’était-il pas trop jeune ?

L’adulte doit parfois lâcher prise pour que certaines expériences puissent se faire. Vous avez des plantes aromatiques ? Pourquoi ne pas laisser les enfants librement gouter le persil ? Je n’aurais jamais pensé gouter crus les brocolis de notre jardin. Pourtant, c’est ce que ma fille a fait. Je l’ai laissée vivre son expérience et elle a adoré (mais n’a pas demandé à recommencer !).

C’est une relation de confiance qui peut s’établir entre adulte et enfant. Oui, il se peut qu’il y ait quelques expériences malencontreuses pour vos cultures (Les radis tous arrachés trop tôt, un pot de semis renversé, tout un bouquet de persil coupé,….). Cela est évidemment dérangeant et on ne va pas cacher à l’enfant que cela ne nous convient pas. Sans dramatiser. Mais en expliquant à un enfant la conséquence de son acte nous lui permettons d’apprendre par l’expérience. Au contraire, un endroit dans lequel on a trop peur de faire quelque chose de mal ne sera pas un endroit dans lequel on pensera avoir sa place.

>>>>A lire également : Pourquoi nous recommandons le jardinage avec les enfants

3) Viser la superproduction

Le projet n’est pas de viser l’autosuffisance alimentaire de la famille (pas encore 😛 ) ! Nous vous proposons de réaliser un petit coin de jardin pour initier les enfants (et adultes), accessible à tous. Produire sur de petites surfaces permet de simplifier l’action du jardinier. L’arrosage est facilité, les actions à réaliser sont à la portée de tous. Chaque petit changement est d’autant plus remarquable.  La levée des semis sur une petite surface délimitée est vraiment spectaculaire!

Récolte de radis. On goûte ?

Votre botte de radis ne sera peut-être pas très fournie… Mais ce n’est pas un but en soi ! L’essentiel va être de goûter et de partager (cela peut d’ailleurs être une belle activité de dénombrement en maths 😉 !). Nous sommes 4 et nous avons 10 radis… Vous ne ferez pas un repas avec ces récoltes mais quelle expérience ! Votre enfant peut goûter ce qu’il a cultivé et prendre conscience de tout le chemin effectué par le radis avant d’arriver dans son assiette. Un radis peut suffire. Cela peut d’ailleurs susciter l’envie de recommencer l’expérience. Avoir envie de tenter de nouveau un semis par exemple pour essayer de récolter 12 radis cette fois-ci !

Il est d’ailleurs plus encourageant pour l’enfant que l’adulte porte un regard positif sur la récolte. « Wahou ! Nous avons réussi à faire pousser 5 radis ! Tu te rappelles, ils n’étaient que de toutes petites graines ! Et les autres graines ? Je ne sais pas vraiment… Peut-être l’eau, le sol ou elles-mêmes… Je suis  content de pouvoir goûter notre récolte ! ». Si jamais on se focalise sur ce qui n’a pas poussé, en quantifiant le peu de récolte et en montrant sa déception, l’enfant peut se sentir en échec dans le projet. Plus qu’en réussite ou en échec, il est gratifiant pour chacun de pouvoir profiter de ce qui a poussé dans un premier temps.  Cela ne signifie pas qu’il est négatif d’essayer de comprendre ce qui n’a pas fonctionné (l’arrosage ? La terre ? Les graines ?). Bien au contraire ! Mais jardiner est une activité qui nous met en face de nos propres limites. Les accepter et ne pas s’en désespérer est aussi une belle chose à apprendre aux côtés de nos enfants !

Quelques questions pour que vous définissiez votre projet jardinage…

 

4) Faire de longs discours et laisser l’enfant dans l’observation

Pour apprendre à jardiner… on jardine ?
MICHEL CURI

Quand on cuisine avec un enfant, arrive souvent le moment redouté des œufs à casser. Ce n’est pas toujours facile d’enlever les dizaines de morceaux de coquille ! Séparer le blanc du jaune finit quelque fois en omelette…Mais si on laisse la possibilité à un enfant de pratiquer, on mesure vite les progrès. D’ailleurs si en cuisine, un enfant ne peut rien faire et ne fait qu’écouter notre leçon…il est lassé !

 C’est la même chose en jardinage. On a souvent envie de tout expliquer aux enfants, de leur dévoiler les secrets de la vie au jardin. Mais le mieux pour apprendre, c’est d’être en action ! On peut montrer les gestes et techniques dans le but que l’enfant essaie par lui-même.

A nous de nous organiser pour que leurs gestes soient possibles. Pour éviter un piétinement dévastateur, il faut bien penser l’espace rendu disponible. Laissons-les remplir les pots de terreau, même à l’intérieur ! Des feuilles de journaux nous permettront de voir les pelles tombées par terre avec plus de détachement.

 

Tous en action !
DARIEN LIBRARY

Avec plusieurs enfants, c’est aussi l’action qui prime. Mieux vaut faire de petits groupes et penser à prévoir le matériel en assez grande quantité pour que chacun puisse réellement jardiner. Question matériel, il n’est pas nécessaire d’acheter une pelle, par exemple, pour chacun. Pensons au matériel disponible : une cuillère pourrait-elle suffire pour creuser le trou de plantation de la menthe ?

Il est vrai que nous sommes souvent inquiets à l’idée que de mauvais gestes réduisent les chances de « réussite ». D’où notre volonté d’agir bien trop souvent à la place de l’enfant. Pourtant, au cœur du projet de jardinage, nous devons inscrire l’action de l’enfant pour qu’il puisse réellement jardiner.

 

 

Pour conclure : Qu’est ce qui vous correspond le mieux ?

 

Jardiner avec un enfant est un projet qui a toutes les chances d’être très agréable et instructif. Il n’y a pas de recette magique infaillible qui permettrait de faire adhérer chaque enfant au jardinage. Quelques astuces permettent de bien adapter notre pratique au monde des enfants. Prenons garde à ce que les enfants soient bien impliqués, laissons leur du temps et de l’espace pour s’approprier le projet, essayons de cultiver une relation de confiance en leur permettant d’agir et de faire des erreurs. Chacun élaborera de petites astuces qui seront propres à l’enfant (aux enfants) que nous accompagnons. Mais avant de se lancer, l’adulte doit définir quel projet lui correspond le mieux à lui aussi  (un petit coin de jardin en autonomie ? juste un pot ? un coin partagé?,…), de bien estimer les contraintes (une classe avec 1m2 de jardin, pas beaucoup de place à la maison, appréhensions,…) pour se donner les moyens de réellement laisser sa place à l’enfant. Mais pas de doute possible… le jardinage est porteur de tels bienfaits qu’il serait dommage de s’arrêter aux premières petites difficultés !

Et si nous partagions ensemble nos astuces ? Acceptez-vous de livrer vos “petits trucs” pour se lancer en jardinage avec les enfants ?

On passe à la pratique ?

 

 

Emilie et moi vous proposons de passer à la pratique dès le 27 mars prochain avec une série de vidéos pour vous guider dans vos projets de jardinage avec les enfants.

 

 

Pour découvrir le programme vidéo que nous sommes en train de vous concocter pour jardiner avec les enfants, vous pouvez cliquer sur le bouton ci-dessus !

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14 commentaires sur « Jardiner avec les enfants (2/3): les erreurs à éviter »

  • Bonjour !

    Personnellement, j’ai créé un carré potager surélevé pour chacun de mes deux enfants.

    Ils y ont à demeure quelques pieds de fraise et y ajoute ce qu’ils veulent. L’an dernier, c’était tomates, radis carottes et navets et cette année, je ne leur ai pas encore fait choisir leurs graines (merci de me le rappeler !).

    Bon courage à tous !

    • Bonjour et merci pour votre témoignage. Les semences de l’année passée sont variées et le choix des navets est vraiment intéressant ! En plus de tous les bienfaits de les cultiver, je pense en effet à l’éducation au goût. Ce n’est pas toujours facile de manger des navets ! Mais ceux qu’on a fait pousser..ce n’est pas la même histoire. Je vous souhaite donc à vous et vos enfants une belle saison de jardinage.

      • faire manger des navets à un enfant? Pas de problème: moteur-de-recherchez “navets glacés au miel” ou “navets confits au miel”, vous allez voir ils vont les dévorer ces navets (si vous parvenez à ne pas tous les dévorer vous même 🙂

        Pour ma part ce sera bacs et pots sur les appuis de fenêtre et la mini-terrasse (il faudra que je pense à laisse la place pour faire sécher le linge)

        Beau printemps à tous (fesez gaffe il arrive)

        Vincent

        • Merci Vincent pour cette recette. Nos enfants nous offrent de belles occasions de nous laisser surprendre 😉
          (et je vais de ce pas tester votre recette…)

  • Bonjour,
    J’ai deux enfants de 7 et 3 ans. Mon grand a déjà un peu jardiné, il aime bien planter et voir pousser. Cette année, je vais essayer de créer deux carrés, un pour chaque enfant. Je pense qu’ils seront contents d’avoir chacun leur zone de jardinage. Et puis ils seront fiers de cueillir et manger le fruit de leur travail !

    • Il est fort probable que l’enthousiasme soit très vite présent 🙂 Il est même possible que vos enfants soient fiers dès le début de votre projet : ce n’est pas rien d’avoir son potager! Merci pour votre témoignage et …amusez-vous bien!

  • Que puis je proposer à des enfants de moins de 2ans. 22 mois ( qui n’aime pas se salir les mains,j’ai testé avec du sable) et 17 mois qui est un vrai petit déménageur. Est ce trop trop?

    • Bonjour,
      On peut proposer de réaliser quelques plantations ou semis à de très jeunes enfants, arroser, observer. Mais chez les tout-petits, il est avant tout essentiel de pouvoir manipuler, expérimenter les différentes matières. Si le contact avec la terre ou le sable gêne un petit, on peut lui laisser à disposition différents outils, des ustensiles comme une cuillère ou une spatule, des coquillages,… Cela est souvent une activité fascinante pour les petits : transvaser, creuser, tasser, mouler,… Aujourd’hui encore ma fille de 4 ans passe des heures à remplir des vielles casseroles de mélanges de terre, sable, cailloux, plantes et autres éléments récoltés (et si jamais il y a de l’eau à proximité…quel régal!). Je vous souhaite donc de bonnes séances de patouille 😉

  • Bonjour,
    mon neveu a 6 ans et j’aimerai éveiller en lui l’amour et le respect de la nature , dés son jeune âge il nous laisse pas ni une rose ni une fleur . L’idée du potager m’emballe , Merci.

    • Bonjour Louise,

      Votre témoignage me rappelle ce que nous vivions dans notre petit jardin de 6m2. Au printemps, les quelques fleurs qui égayaient ce petit espace étaient un réel plaisir pour nos yeux d’adultes. Le plaisir de ma fille était de tout ramasser…Nous avons donc trouvé un compromis : tu peux en cueillir (et jouer avec!) mais tu dois toujours en laisser (la moitié par exemple!).
      Quoi qu’il en soit je suis ravie que le projet du coin de potager vous parle!
      Je vous dis donc à très bientôt ,
      Valentine.

  • Et si vous n’avez ni jardin … ni balcon … vous avez bien une fenêtre ! Fleurir une fenêtre sur cour, ça fait plaisir aux enfants … et aux voisins ! Mes filles s’amusent beaucoup à choisir les fleurs, semer ou planter directement en pots, arroser, entretenir.

    • Je suis bien de votre avis Sophie. Le jardinage peut vraiment être un plaisir partagé en famille, avec les voisins,… Vous devez donc avoir de beaux rebords de fenêtre ! Merci pour votre témoignage, Valentine.

  • Bonjour

    Nous habitons une ville dite “nouvelle” (1958) de 6 mille habitants ,avons créé l’an dernier un jardin partagé qui démarre lentement . Cette année nous avons proposé nos services jardiniers à 2 classes de grande section de maternelles . Je lis avec avidité vos articles .
    A partir du 6 mars nous commencerons quelques semis avec les enfants dans leurs classes ,puis nous mettrons les plants en terre dans le jardin partagé ,situé en ville,avec les enfants
    Tout en étant responsables de l’entretien des plantations nous proposerons aux enfants ,la co-responsabilité .
    Avez -vous des conseils particuliers à nous donner? Nous débutons .
    Dominique

  • Bonjour Dominique,

    Je vous remercie pour votre message. Concernant votre projet, les conseils que je peux donner vont malheureusement être très généralistes. Je pense en effet que toutes les spécificités de votre projet sont à prendre en compte : les enfants ont-ils déjà participé à un projet de jardinage ? Vont-ils venir en classe entière ? Combien y aura t-il d’adultes ? De quel espace disposez-vous ? Les enfants viendront-ils souvent ? Pourront-ils prendre soin des semis et/ou plants ?,… Je pense tout de même que la chose primordiale est de s’assurer que chacun puisse mettre la main à la pâte ! Il me semble donc que de jardiner avec des petits groupes est favorable (je dirais 8 enfants dans l’idéal pour des GS). Pour les maternelles, le besoin de toucher va être urgent (et prendre le dessus:)). Vous pourriez donc commencer par un petit temps de malaxage de terre, transport, essayage d’outils,…?Pour les règles on peut imaginer un petit parcours passant par les endroits autorisés? Vous pouvez essayer avec un “chemin-ficelle” à suivre. Vous pouvez réaliser des semis en leur expliquant ce que vous savez faire et leur laisser un petit espace (par gpe de 2?) où ils essaient eux même. Y aura t-il des semis en godets ? Il pourrait être intéressant que les élèves fassent des semis en classe et les repiquent ensuite dans votre jardin.
    Je serais ravie d’avoir des nouvelles de votre projet et de son avancement. Ces enfants sont bien chanceux de pouvoir bénéficier de projets comme le votre.

    Je vous souhaite donc un beau début de printemps,

    Valentine

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