Peut-on devenir une famille buissonnière quand on habite en ville ?

Eduquer ses enfants à la nature n’est plus une coquetterie. C’était une évidence jusque dans les années 80, puis un oubli dans les années 2000 (je vous l’accorde, « oubli » tient de l’euphémisme). En 2016, cela redevient une priorité, mais nous avons désormais besoin d’un mode d’emploi (hé oui…). C’est que nous aussi, parents, nous nous sommes déconnectés de la nature!

Mais au fait, même avec le mode d’emploi, tout le monde peut-il créer sa « famille buissonnière »?

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D’après Marie Gervais, la réponse est oui, trois fois oui. Qu’on soit en ville, qu’on n’y connaisse rien ou qu’on ait peur des araignées.
Mais alors comment s’y prendre? Dans quelques minutes vous saurez tout, du moins tout ce que vous devez savoir pour vous lancer.

Il est essentiel de donner à nos enfants les clés d'une vie plus proche de la nature. Marie Gervais Click To Tweet

CE QUE VOUS ALLEZ APPRENDRE :

  • Que non, l’enfant n’est pas un vase à remplir, contrairement à ce que laisse entendre une vision traditionnelle de l’enfant,

  • Que notre façon habituelle d’éduquer l’enfant à des gestes éco-citoyens sans lui permettre de créer un lien avec la nature est un non-sens,

  • Qu’il est urgent de réapprendre à connaître la nature sous nos pieds plutôt que de penser à sa protection à l’autre bout du monde,

  • Que Marie aussi  a des enfants qui râlent quand ils ne veulent pas aller dehors,

  • Que oui, même en ville il est tout à fait possible – et recommandé! d’éveiller ses enfants à la nature.

Quand j’ai eu entre les mains le livre de Marie, je me suis dit: « Bon sang, mais il faudrait que tout le monde lise ce livre, c’est une vraie pépite! » Et je me réjouis, car je ne suis pas la seule à me dire cela: depuis sa parution en mars, ce livre se vend comme des petits pains! C’est bien que notre côté « famille buissonnière » ne demande qu’à germer, puis pousser, pousser…

Mais alors qu’est-ce qui fait le côté génial de ce livre?

Et bien c’est que non seulement on y trouve des idées d’activités nature, magnifiquement illustrées par de superbes photos, mais Marie nous invite à nous interroger sur notre rôle de « parent-éducateur ». Clairement, elle fait germer en nous les bonnes questions qui nous font regarder en face aussi bien nos désirs de famille buissonnière que nos forces mais aussi ce qui nous freine (et ne demande qu’à être levé).

Et nous avons de la chance, car c’est en vidéo que cette super-maman-nature va aujourd’hui répondre aux questions que l’on avait envie de lui poser.

Extraits du livre

la-famille-buissonniere-gervaisAvant de lui donner la parole, je vous invite à découvrir quelques morceaux choisis, lus dans « La famille buissonnière »:

  • Nous ne pouvons pas à la fois protéger la nature et continuer de surconsommer, tout comme nous ne pouvons faire de nos enfants des êtres respectueux et responsables si nous continuons de les surprotéger et de vivre continuellement à cent à l’heure!

  • L’enfant n’est ni soumis ni passif, il évolue en interaction avec l’adulte. Chacun apprend et continue de grandir grâce à l’autre.

  • On se sent souvent bien plus en sécurité dans un environnement créé par l’homme, car nous le pensons par défaut pensé pour l’homme, et donc « sécurisé ».

  • Un enfant qui n’a jamais eu le droit de grimper à un arbre, de s’éloigner de ses parents ou de craquer une allumette ne saura pas mesurer le danger ni maîtriser ses gestes, ne connaîtra par l’expérience ni la nature ni son propre corps, et c’est celui-là même qui courra le plus grand danger.

Voilà qui donne à réfléchir…

Pour commencer, faisons donc connaissance avec Marie Gervais:

Une version texte de ces vidéos est disponible en bas de la page.

Pourquoi as-tu eu envie d’écrire ce livre?

Pourrais-tu nous présenter une de tes activités favorite?

Parle-nous d’une difficulté que tu as rencontrée et des solutions que tu as trouvées?

Et si on habite en ville… peut-on quand même devenir une famille buissonnière?


Comment se procurer le livre?

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Vous pouvez:

Rejoignez un groupe facebook qui vous ressemble:

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>>>Familles buissonnières en ville!

Avant de se quitter:

Jolie vidéo, réalisée par Marie, juste pour vous mettre l’eau à la bouche!

Liens cités dans les vidéos:


Texte des vidéos

Vidéo 1:

Peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Marie GERVAIS, j’ai 37 ans, j’ai 2 enfants qui ont bientôt 9 ans et demi et 10 ans et demi. Je suis auteure et « La famille buissonnière » est mon cinquième livre.

A côté de ça, je fais plein d’autres trucs, je m’étais toujours dit que je n’aurai pas un seul métier. J’ai été AVS, donc Auxiliaire de vie scolaire dans un lycée pendant 2 ans auprès d’une élève lourdement handicapée, j’ai animé des ateliers parents-enfants, des ateliers créatifs pour enfants, j’ai été créatrice couture, j’ai aussi écrit beaucoup de blogs dont le dernier « Education Créative » est toujours en cours depuis 6 ans maintenant.

C’est ce blog qui m’a amené à écrire mes livres et dernièrement j’ai co-fondé une école démocratique à Paris qui s’appelle l’Ecole Dynamique, qui a ouvert en septembre 2015. Comme j’habite à une heure de l’école et que mes enfants y sont scolarisés depuis le mois de novembre, je suis en train de créer la même école vers chez nous qui s’appelle l’Ecole Démocratique Paris-Saclay.

Vidéo 2:

Pourquoi as-tu eu envie d’écrire ce livre ?

En fait, depuis la naissance de mes enfants, je réfléchis à une éducation qui serait un peu différente, qui ne serait pas juste une éducation dont on hérite sans se poser de question. J’ai commencé à réfléchir sur ce que j’avais envie de prendre de cette éducation qui a l’air si imposée : – qu’est-ce que j’ai envie de garder ou de laisser derrière moi, à quoi j’ai envie de réfléchir ? Du coup, ça m’a amenée à la création de blogs et à l’écriture de livres.

Dans mon livre ‘Libérons la créativité de nos enfants », je commençais déjà à réfléchir à notre rapport à la nature parce que la créativité ne se limite pas aux activités manuelles, à l’art, etc…, c’est vraiment une façon générale de voir sa vie, de mener sa barque dans le monde, de tracer son propre chemin. La créativité c’est vraiment une ouverture à soi, à son monde intérieur, mais également aux autres, une ouverture vers l’extérieur en fait, et ce qui pour moi lie les deux, c’est vraiment notre statut d’être vivants, c’est-à-dire qu’on fait partie du monde vivant au même titre que les animaux, les plantes, etc…. Du coup, renouer avec sa créativité c’est renouer avec soi et avec les autres. Quand j’ai écrit « Libérons la créativité de nos enfants », j’ai été assez frustrée parce que cette partie que j’ai appelé « réapprivoiser la nature » n’était qu’un chapitre et j’étais assez limitée dans le nombre de mots. Le livre était à peine paru que j’ai compris qu’il y avait de quoi écrire un livre entier sur le sujet et je me suis donc mise à écrire ce qui allait en fait devenir « La famille buissonnière ».

En parallèle de l’écriture de ces livres, j’avais repris en 2011 mes études à distance, c’était une formation de sciences de l’éducation axées sur l’éducation tout au long de la vie, axées sur les pédagogies alternatives, donc c’est vraiment une autre vision de l’enfant. L’enfant n’est plus, selon le modèle de notre société, un vase à remplir avec un enseignement vertical, avec un adulte qui sait et un enfant qui apprend. C’est vraiment, remettre tout ça en perspective. Il n’y a plus le modèle de l’adulte qui serait un être achevé, totalement mature, et du coup l’enfant serait un petit être inachevé à mener vers cet état achevé, ce qui définit toute notre vision de l’éducation aujourd’hui. L’adulte est un être immature dans le sens où il apprend tout au long de sa vie, il continue d’évoluer, et du coup l’enfance n’est qu’une petite partie de toute cette évolution.

Dans cette formation, la plupart des cours étaient validés par l’écriture d’un journal à la première personne, au quotidien, qui devait articuler nos cours, nos lectures, nos réflexions et notre vie et c’était vraiment l’occasion d’un travail extrêmement enrichissant et d’une réflexion très profonde. Dans cette formation j’avais notamment un cours qui s’appelait « Education et Environnement » et cette validation se faisait par l’écriture d’un récit de vie environnemental. On devait faire un récit de notre vie lié à notre rapport à l’environnement, notre histoire de vie racontée via le prisme de notre rapport à la nature et à l’environnement dans le sens large du terme. Là, j’ai vraiment pris conscience de beaucoup de choses, notamment de mon enracinement dans cet environnement et j’ai aussi pris conscience de quelque chose qui a été vraiment décisif pour l’écriture de « La famille buissonnière », à savoir qu’on vit dans une société qui veut nous éduquer à des gestes éco-citoyens, du style « trie tes déchets, éteins la lumière derrière toi, ne prends pas de bain, etc…, mais à aucun moment on essaie d’amorcer de vraies réflexions avec les enfants, les tout petits. On leur apprend des gestes, donc une éducation behavioriste mais sans jamais aller au-delà de ça avec eux et leur faire vraiment prendre conscience du sens de ces gestes et le sens de ces gestes c’est notre façon de consommer, notre société capitaliste, notre rapport à la nature. Pour moi c’était vraiment un non-sens et je me suis demandée quel était l’intérêt d’apprendre des gestes si on n’essaie pas d’abord de réfléchir et de faire prendre conscience aux enfants que ça ne sert à rien de trier si on continue à consommer comme quatre et à consommer n’importe quoi, des choses sans valeur, fabriquées à l’autre bout du monde avec trois bouts de plastique. Donc l’idée c’était vraiment de s’interroger, de réfléchir en famille sur l’origine de tout ça, ce que j’ai commencé à faire avec mes enfants depuis qu’ils étaient tout petits.

Et surtout, l’autre point qui a découlé de ça était : «  comment demander à tous ces enfants et ces adultes de respecter la nature si on ne leur apprend pas avant à la connaître, ce qui va amener à la comprendre et à la respecter. J’ai l’impression qu’on saute des étapes cruciales et il y a toujours cette idée aussi qu’on nous engage dans des combats qui ont lieu à l’autre bout du monde sans nous apprendre à voir ce qu’il y a juste sous nos pieds, à connaître cette nature qui est là devant nous, autour de nous.

J’ai commencé à parler sur mon blog et dans mes travaux dans cette formation à distance de l’importance de faire comprendre à nos enfants qui ils sont, d’où ils viennent, à quoi ils se rattachent, parce que c’est la seule manière finalement de faire en sorte qu’un jour ils vont devenir des êtres et des adultes respectueux et engagés, parce qu’ils auront mis du sens derrière tous ces combats et derrière tous ces enjeux surtout.

Ça ne sert à rien de leur demander de respecter la planète si on ne leur apprend pas à la connaître tout simplement. C’est vraiment le cœur de mon livre « La famille buissonnière ». Donner certes beaucoup d’activités à faire en famille dans la nature, mais aussi poser un peu cet état des lieux de notre rapport à l’environnement mais surtout, amorcer plein de questionnements. Je ne cherche absolument pas à vous donner des réponses, j’ouvre au contraire beaucoup de questionnements à avoir soi, en tant qu’adulte et en tant qu’être vivant tout simplement. Et en tant que parent, à avoir en famille avec ses enfants et ses propres parents. Ce sont des questionnements intergénérationnels qui sont vraiment très riches.

Vidéo 3:

Pourrais-tu nous présenter une des tes activités favorites ?

Oui, j’adore réaliser du land art.

Ce n’est rien de vraiment très élaboré, ça peut l’être chez de grands artistes du land art comme Nils Udo ou Andy Goldsworthy qu’on peut retrouver sur Internet. Ils font vraiment des choses magnifiques, là on est vraiment dans l’art très beau ! Ici il ne faut pas se laisser impressionner par la notion de land art, l’idée c’est surtout le processus qui compte, c’est-à-dire où qu’on soit dans la nature, prendre ce qu’il y a dans cette nature et en faire quelque chose qui nous parle. Partout où on va en famille, je ne peux pas m’empêcher de réaliser de petites choses, c’est vraiment plus fort que moi, ça peut être très simple, quelques bâtons alignés dans le sable, des elfes en pommes de pin et mousse dans les sous-bois, des piles de galets en équilibre sur la plage, des coquilles d’huîtres qui forment des dessins parfois géants comme un T. Rex (Tyrannosaurus Rex) que je présente dans le livre, ça peut être aussi juste des algues qui forment des mots ou des cœurs sur la plage. Et nous on aime beaucoup les trolls qui sont arrivés très tôt quand les enfants étaient tout petits et quand ils rechignaient pour avancer alors qu’on était en balade, il y avait toujours une trace de trolls pour les aider un peu. Les trolls, on a appris à les connaître, ils nous ont fait confiance et ils se sont montrés de plus en plus et aujourd’hui on en rencontre dans toutes nos destinations de famille, même à l’autre bout du monde.

Mon mari, lui, est plus spécialisé dans les cabanes, on fait un petit tour en forêt et il va toujours trouver un endroit pour construire un tipi naturel ou de façon plus élaborée, ça peut être juste quelques branches posées et ça fait le bonheur des enfants et de leurs parents. En fait, l’idée générale c’est qu’il faut apprendre à s’arrêter pour réaliser tout ça, c’est primordial. Il ne faut pas partir en balade juste pour marcher, ou alors on part faire une randonnée et il est clair depuis le début que le but est de marcher. L’intérêt pour moi c’est de profiter du paysage qui s’offre à nous et de ce temps en famille, de cette reconnexion à la nature ensemble. Il ne faut hésiter à faire des haltes là où on se sent vraiment bien et rester à l’écoute des enfants surtout, leur apprendre à profiter de l’instant et du lieu où on est, c’est primordial. Apprendre cela aux enfants et surtout à nous, parents, de profiter aussi du temps qu’on a et apprendre à s’arrêter.

Vidéo 4:

Une difficulté que tu as pu rencontrer avec tes enfants dans ton envie de les éveiller à la nature et une solution que tu as trouvée ?

La difficulté rencontrée ? et bien, toutes les fois qu’ils n’ont pas envie de sortir en fait , ils râlent !

Je ne voudrais pas que tous les gens qui lisent mon livre croient qu’eux ont des enfants pas possibles et que moi j’ai de la chance parce que les miens sont toujours dehors, ce n’est pas du tout le cas en fait. Si j’ai écrit ce livre c’est parce que je suis, en tant que maman, confrontée au problème et que j’ai dû beaucoup développer mon imagination. Trouver le moyen de les faire sortir quand ils sont tout petits, ce n’est pas un problème parce qu’ils sont tout contents à la moindre petite idée et partent comme des petits fous mais plus ils grandissent, plus ça devient compliqué parfois de les faire sortir. Après, c’est aussi une question d’habitude et parfois je me demande s’il faut les forcer ? J’avoue qu’on les force un peu, au début il arrive qu’ils n’aient vraiment pas envie de sortir et j’ai l’impression qu’on leur demande quelque chose de très difficile et puis finalement on les force et quand ils sont arrivés, ils râlent encore 5 minutes et après ils n’ont plus du tout envie de repartir , que ce soit en forêt ou dans les champs, du coup ça m’aide à ne pas culpabiliser quand je les force à sortir et parfois même, c’est moi qui ai envie de rentrer alors qu’eux sont tellement contents qu’ils n’en ont plus du tout envie. Par exemple, si je vois mon fils qui est un gros joueur de jeux vidéos, un gros consommateur d’écrans et qui devient parfois un peu allergique au dehors, pourtant quand il est chez mes parents à Paimpol, il peut rester 3 heures sur la grève à pécher des palourdes et des couteaux, et moi au bout de 20 minutes, j’en ai marre et j’ai juste envie de rentrer, là c’est moi qui apprend à me forcer un peu !

Il faut aussi trouver des choses amusantes et qui peuvent satisfaire tout le monde. Je me souviens qu’un jour, on l’a forcé à sortir. Arrivé en forêt, il était toujours énervé et pour passer son énervement et extérioriser tout ça je lui ai proposé de jeter des bâtons dans un petit trou d’eau qui était là en forêt et il s’est tellement pris au jeu que ça s’est terminé en bataille rangée familiale. Dans ce jeu, on était un enfant et un parent, chacun d’un côté du petit trou d’eau et on balançait des bâtons dans l’eau pour tenter d’arroser les autres, donc ça a vraiment marché ! Du coup, je reviens sur l’intérêt d’être à leur écoute et ne pas hésiter à s’arrêter.

On ne doit pas partir en se disant, moi je veux aller à tel endroit dans la forêt ou ailleurs, il faut aussi accepter en tant que parent de ne pas aller exactement là où on s’était dit qu’on voulait aller et s’arrêter pour trouver des idées pour relancer l’intérêt des enfants. C’est comme ça qu’on a trouvé toutes les petites idées que je propose dans le livre, des idées qu’on a tous vécus pour les aider à sortir ou à rester dehors, ça va être d’écraser des têtes de zombies (des pommes pourries tombées de l’arbre), marcher sur nos ombres, faire du land art, se balancer sur des lianes, observer une fourmilière géante, attraper des scarabées, et observer les scarabées dans du crottin de cheval aussi ! On a fait ça un jour, et les enfants n’avaient plus du tout envie de quitter la bouse parce qu’ils étaient captivés par l’observation des scarabées en train de creuser des tunnels dans le crottin de cheval. Tout ça, c’est autant d’idées pour aider à les faire sortir et les garder dehors, et ça marche puisque c’est du vécu.

Il faut aussi ne pas oublier d’être à l’écoute de chacun de ses enfants parce que chaque enfant est différent, chaque enfant a sa sensibilité. Les miens sont vraiment très différents. Par exemple, mon fils est très observateur, très calme, très introverti, depuis tout petit il adore s’asseoir sur les chemins pour observer les insectes et il est vraiment très doué pour en attraper, même les lézards. Il a vraiment le chic pour trouver des belles pierres et des trésors de la nature. Ma fille elle, c’est une vraie pile électrique, c’est vraiment une aventurière née, depuis toute petite elle a besoin de sauter, d’escalader, de grimper dans les arbres, de marcher sur les troncs, de vraiment se lancer des défis. Ce n’est donc pas toujours simple de trouver le bon équilibre pour vivre avec deux énergies différentes dans la nature quand il y en a un qui veut s’asseoir et buller, il y a l’autre qui veut escalader les arbres ou ramper sous les buissons ; il faut prendre le temps d’observer chaque enfant.

Vidéo 5:

Et si on habite en ville, peut-on quand même devenir une famille buissonnière ?

Oui, je sais pertinemment que c’est possible parce qu’on habite en région parisienne, alors certes, dans le sud de Paris près de la vallée de Chevreuse, donc effectivement on a beaucoup de chance, mais on a surtout habité deux ans à Dubaï, dans le royaume de l’urbain, donc je sais ce que c’est que d’habiter en appartement et dans un centre urbain vraiment très serré.

A Dubaï, il n’y a même pas la notion de piéton, donc ça c’est clair, la nature il faut aller la trouver là où elle se trouve, ça peut être dans les parcs, dans les squares même si construits et façonnés par la main de l’homme, c’est aller chercher les petites fourmis dans les craquelures du bitume, c’est aller voir les oiseaux dans les arbres, c’est aller trouver des petits trésors naturels dans les parcs et à Dubaï notamment, de mai à octobre, on ne sort pas parce qu’il fait trop chaud, il fait plus de 45° et c’est très humide, donc de mai à octobre, il faut savoir occuper les enfants à l’intérieur d’où le développement de mon blog et de mes livres.

C’est là que j’ai appris à occuper mes enfants mais c’est aussi possible de les reconnecter à la nature, en faisant du jardinage d’intérieur par exemple, ou alors en investissant le balcon. Alors certes, il faut accepter que le balcon soit mouillé ou qu’il ait besoin d’être nettoyé après, mais ça fait partie des choses qu’on doit accepter en tant que parents.

Je pense qu’il faut aussi se donner les moyens de sortir, notamment le week-end, pendant les vacances évidemment mais, le week-end si je prends l’exemple de Paris, même si on ne veut pas sortir avec la voiture ou si on n’a pas de voiture, il y a vraiment des beaux espaces qui sont accessibles en RER. Déjà, il y a toute la vallée de Chevreuse au bout du RER, il y a les grands jardins de Versailles, et si c’est pas par le RER, ça peut être en train en forêt de Fontainebleau qui est vraiment accessible à tout le monde à petit coût. C’est vraiment un espace magnifique, on adore y aller, c’est un de nos coins coup de cœur. C’est à une heure de voiture de chez nous, mais à partir du moment où il fait beau, on se prend le week-end, on sort toute la journée, on se fait des pique-niques. Avec des gosses, c’est des espaces vraiment chouettes avec des gros rochers d’escalade notamment. Alors parfois, pour motiver les enfants à sortir, c’est juste des noms qui peuvent être super intéressants, par exemple à Fontainebleau, il y a un endroit qui s’appelle le « cul du chien » qui est une immense plage de sable au cœur de la forêt et ça s’appelle comme ça parce qu’il y a un énorme rocher en forme de tête de chien, et ça, par exemple, c’est un moment où juste le nom a suffi à motiver les enfants, ça les a fait beaucoup rire, d’un coup ils étaient motivés pour aller voir le « cul du chien » et on a passé une super journée avec un super temps à jouer dans le sable et la forêt.

Sinon, une autre solution qu’on adore, c’est vraiment partir à l’aventure. On prend la voiture et on ne sait pas où on va mais ce n’est pas grave, on part ! C’est comme ça qu’on découvre plein de petits chemins qu’on ne connaissait pas, alors parfois on se perd, parfois on ne trouve pas trop de coins mais c’est vraiment quelque chose qu’on adore faire.

Donc, pour résumer, être une famille buissonnière c’est pas forcément habiter dans la nature mais c’est vraiment par contre, un état d’esprit. C’est réfléchir et chercher ses propres solutions, c’est se reconnecter à la nature, reconnecter en famille et surtout, se donner les moyens pour tout ça.


Crédits photo: Marie Gervais

Un merci spécial à Pascale, ma maman, pour ses transcriptions texte!

 

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