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Des classes maternelles ouvertes sur la nature… Quels atouts?

Dimanche 18 octobre. Je viens de publier mon dernier article: « Ils vont à l’école de la nature, qu’apprennent-ils? ». J’ouvre ma messagerie. J’ai un message d’Anne et Marie-Laurence, les enseignantes de l’école libre de Saint-Vaast, que je citais en exemple dans cet article. Je vous laisse jeter un oeil:

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« Voici quelques bienfaits que nous avons constaté: », me disent-elles modestement. Et vous avez vu comme moi? Il y en a pas moins d’une quinzaine. Waou!!!

Cela m’a donné envie de voir ce qu’en disaient d’autres personnes, enseignants, parents ou chercheurs… Les bienfaits que constatent Anne et Marie-Laurence dans leur école sont ils confirmés?

Il semble bien que oui… Voyez par vous-même: pour chaque bienfait constaté, j’ai cherché au moins 1 témoignage allant dans le même sens. Mais j’ai dû m’arrêter avant de les avoir tous mentionné, il y en a à la pelle!!

Je vous invite donc à découvrir cette cyber-revue de presse, qui dresse un état des lieu des bienfaits de l’école dans la nature, du points de vue physique, relationnel, affectif et cognitif.ecole-nature

 

Développement du bien-être dans ses composantes physiques

Des enfants plus agiles et endurants

Amanda Kane est éducatrice de la petite enfance et Judy Kane est enseignante à la retraite. Pendant 1 semaine, en février, elles ont visité plusieurs Waldkindergarten (jardins d’enfants en forêt), en Allemagne. 

« La chose la plus étonnante que nous remarquons est l’énergie et l’endurance de chacun. Si les enfants traînent, ils le font soit pour examiner ou soit pour ramasser une pierre, une feuille, une plume ou une branche le long du chemin. »

« Les enfants grimpent librement, s’assoient dans les branches, discutent, changent de positions, et finalement, manœuvrent seuls leur descente. Ils développent leur motricité globale, leur sens de l’équilibre et la confiance en soi. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

Des enfants en meilleure santé

Amanda Kane et Judy Kane s’appuient sur les travaux du chercheur R. Gorges, qui en 2000 a étudié les bienfaits des structures en forêt pour les enfants.

« Des études ont démontré que, comparés à ceux qui fréquentent les maternelles traditionnelles, les enfants qui fréquentent les Waldkindergarten sont en meilleure santé, ont de meilleurs systèmes immunitaires, souffrent moins d’allergies (…). »

Gorges, R., «Der Walderkindergarten-ein aktuelles Konzept Kompensatorischer Erziehung,», Unsere Jugend, Heft 6 (2000), S. 275-281.

Martina  Pfaff, directrice du jardin d’enfants Abenteuerland à Potsdam:  « Passer du temps dehors renforce le système immunitaire ».

Le journaliste qui a interrogé Martina Pfaff a également questionné des parents: « Des parents sont même convaincus que leurs enfants sont moins souvent malades que les autres..

Gardons-les dans les bois

Des enfants moins stressés, plus détendus

 Maman de Darek, 5 ans, inscrit depuis un an chez les Bergkinder (enfants de la montagne), une garderie associative dans la forêt de Potsdam (nord-est), près de Berlin: « Mon fils est tellement plus détendu depuis qu’il est tous les matins dehors dans les bois! »

En Allemagne, les jardins d’enfants se réinventent en forêt

Développement du bien-être dans ses composantes relationnelles

Des enfants qui coopèrent

Marie-Laurence, institutrice à l’école libre de Saint-Vaast (Belgique) : »Instinctivement, les grands aident les plus petits. « Cette coopération entre eux, on ne la ressent pas en classe où c’est plutôt du chacun pour soi. »

En classe, oui mais dehors! revue Symbioses n°100

Crystèle Ferjou, maîtresse d’école en Poitou-Charentes, à propos de ce qu’apprennent ses élèves au jardin: «le“devenir élève”: ils développent leur sens de l’effort et s’entraident (pour grimper sur une butte, déplacer la brouette…); le “vivre ensemble” : ils coopèrent (construire une cabane ensemble), ils se socialisent. »

Mais qu’est-ce que mes élèves apprennent dehors?, revue Symbioses n°100

« Les études sont peu nombreuses sur le sujet mais celle menée en 2003 par le docteur Peter Häfner concluait que les structures en forêt développaient l’esprit d’entraide (…). »

Gardons-les dans les bois

« Claudia (institutrice dans un kindergarten) nous parle de la façon dont l’ingéniosité et l’empathie sont développées par le fait de grandir et de jouer dans les bois. Par exemple, les jours de pluie, lorsque les enfants sont tous couverts de boue, ils rincent leurs mains avec l’eau qui s’écoule des branches. Autre exemple: un enfant, apercevant un autre enfant dont la peau lui démangeait à cause de l’ortie, trouva une plante sauvage pour frotter la peau irritée de son ami. »

Amanda Kane et Judy Kane, Les Waldkindergarten en Allemagne

Des enfants qui entrent moins en conflit

« En faisant la tournée des sites, Claudia nous explique les règles de l’école concernant les « jeux guerriers » des enfants. Les enseignants aimeraient mieux que les enfants ne transforment pas les branches en armes pour jouer, mais ils ont constaté que cela faisait aussi partie de leur jeu symbolique. Cependant, si les enfants choisissent de «jouer à la guerre » avec d’autres, ils peuvent le faire seulement par consentement mutuel; il n’est pas permis de s’engager dans des « jeux guerriers » avec des personnes qui ne veulent pas. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

Les enseignantes de l’école Jacqueline de Strasbourg: « L’exploitation de ces espaces en récréation (à propos d’espaces ensauvagés dans la cours de l’école, NDLA) a aussi beaucoup apporté: étant plus actifs et intéressés par ce milieu riche, les enfants sont moins agressifs et plus créatifs à ces moments là. »

A l’école du dehors : sortir tous les jours pour apprendre… ou quand l’ecole sort, elle apporte de la nature à la ville !

Des enfants plus respectueux de leur environnement

Martin Uhlig, éducateur chez les Bergkinder (garderie associative dans la forêt de Potsdam, Allemagne): « Dès leur plus jeune âge, ils sont sensibilisés au respect de la nature. Ils apprennent à identifier les plantes et les animaux. « Les enfants développent un attachement particulier à la nature. Cela leur restera plus tard et ils sauront la préserver »

En Allemagne, les jardins d’enfants se réinventent en forêt

Sarah Wauquier, psychopédagogue et éducatrice nature: « Cette approche est fondée sur la vision suivante : « Grâce à l’exploration directe avec tous les sens et des expériences positives dans la nature, nous pouvons développer une relation profonde avec tout ce qui vit. Une relation affectueuse avec la nature est la base nécessaire pour un rapport responsable avec notre environnement. Ce que nous aimons et respectons, nous aimerons aussi le protéger et le conserver. » »

 Jardins d’enfants dans la nature

Développement du bien-être dans ses composantes affectives

Des enfants avec une meilleure confiance en soi

« Nous sommes frappés par la confiance en soi des enfants, par leur désir de prendre des risques et par leurs capacités à prendre de bonnes décisions et à s’autodiscipliner. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

Citons encore les études du chercheur R.Gorges: Ces écoles du dehors « développent une plus grande conscience de soi ».

Gorges, R., «Der Walderkindergarten-ein aktuelles Konzept Kompensatorischer Erziehung,», Unsere Jugend, Heft 6 (2000), S. 275-281.

« Pour Anne Mathieu, professeure des écoles, la confiance en soi est un facteur essentiel dans le système d’apprentissage de l’écolier : « Un élève qui a confiance en lui apprendra mieux, tout simplement parce qu’il n’hésitera pas à faire des erreurs, ce qui est constructif. » »

Le contact avec la nature rend les enfants plus intelligents

Des enfants plus autonomes

-« « Il y a moins d’accidents dans la forêt qu’en crèche normale car les enfants laissés en autonomie apprennent plus vite à être responsables. » Martine Pfaff. »

-Les études du Docteur Häfner (2003) montrent que dans ces écoles, les enfants développent « l’esprit d’initiative ».

Gardons-les dans les bois…

Des enfants plus créatifs et imaginatifs

« Les enfants utilisent leur imagination pour créer des objets à partir d’éléments naturels. (…) Ce jeu imaginatif et créatif où les objets sont transformés en d’innombrables façons est une composante essentielle dans ces écoles. Ce jeu symbolique développe la pensée abstraite et la compréhension des relations spatiales. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

Développement du bien-être dans ses composantes cognitives

Des enfants qui se concentrent mieux

D’après une étude: « La proximité, la vue, et l’exposition quotidienne à des milieux naturels augmentent la capacité de concentration des enfants et améliorent leurs capacités cognitives. » (Wells, 2000).

Les bienfaits de l’environnement naturel pour les enfants

 Crystèle Ferjou: «J’ai aussi eu un fils d’agriculteur, qui a l’habitude d’être souvent dehors. Pour lui, l’école en intérieur, l’espace restreint d’une classe, ça a été fut un grand changement. Le fait d’aller dehors une matinée par semaine lui a permis de mieux accepter le dedans.»

Au jardin, tout est permis (ou presque)

Des enfants qui développent toutes leurs formes d’intelligences

« Denis Brouillet, professeur de psychologie cognitive : « Les travaux en sciences cognitives (…) montrent que les apprentissages sont plus efficients quand l’apprenant est actif: quand il ne se contente pas d’écouter… »

Louis Espinassous, éducateur nature: « Ne pas prendre en compte dans les apprentissages le corps en action, mouvement, geste et sens, conduit l’enfant et l’adolescent à des atrophies physiques certes, mais également neuronales, cognitives et affectives. »

Besoin de nature, Louis Espinassous, Revue Symbioses n°100

Directrice de l’école communale, Ottignies: « La matière est ‘vécue’ dans les bois, plutôt que ‘donnée’ en classe. Du coup, ils la retiennent mieux. »

Grandissons dans les bois revue Symbioses n°100

Des enfants qui améliorent leurs compétences dites scolaires

(langage, esprit logique ou de déduction, repérage dans le temps et dans l’espace, connaissance du vivant, etc.)

Crystèle Ferjou: « La classe dehors favorise tous les domaines d’apprentissages et surtout le langage, tous les langages : le langage du corps : les enfants sont en action permanente dehors, ils affinent leurs gestes moteurs (lors, par exemple, des activités de grande motricité ou de motricité plus fine telles les traces, empreintes, gravures laissées sur la terre). Le langage verbal : lorsque les enfants racontent ce qu’ils font, ils sont souvent très précis dans l’utilisation des mots parce que ça vient de leur vécu (« j’ai gratté la terre avec un râteau, j’ai goûté de l’ortie… »). Ils utilisent aussi des noms de plantes et d’animaux très précisément (…).»

Mais qu’est-ce que mes élèves apprennent dehors?, revue Symbioses n°100

Anne Dubray: « Le dehors offre une multitude de possibilités d’apprentissages, en terme de stimulation de la psychomotricité, de développement du langage oral et du vocabulaire, de capacité de se repérer dans le temps et l’espace, etc. De plus, ici, les enfants vivent les choses, là où à l’intérieur les situations sont créées de manière artificielle. »

En classe, oui mais dehors! revue Symbioses n°100

« Cette approche constructiviste de l’apprentissage favorisée dans les Waldkindergarten est soutenue par les recherches en psychologie du développement menées par Piaget et par Vygotsky. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

« Après plus de 2 ans d’Ecole du dehors (à Strasbourg), les enseignantes sont unanimes : l’évaluation est positive. Elles constatent que, grâce à cette pédagogie, les enfants sont plus impliqués dans leurs apprentissages, plus agiles, plus calmes aussi. Et qu’en plus ils développent des liens avec la nature. »

A l’école du dehors : sortir tous les jours pour apprendre… ou quand l’ecole sort, elle apporte de la nature à la ville !

Des enfants qui ont envie d’apprendre

« Selon le chercheur (Peter Häfner), les structures en forêt développeraient (…) la curiosité, l’ingéniosité et permettraient aux enfants d’apprendre ensuite plus facilement à l’école. »

En Allemagne, les jardins d’enfants se réinventent en forêt

Crystèle Ferjou: « Je m’appuie sur le désir d’agir et de jouer du jeune enfant, qui est bien à l’origine du désir d’apprendre et de connaître le monde. »

Au jardin, tout est permis (ou presque)

« Nous avons vu des enfants à qui il est permis d’être enfants. Nous avons vu des enfants à qui l’on accorde le temps, l’espace et l’environnement nécessaires pour satisfaire leur curiosité naturelle et construire leur compréhension du monde. »

Amanda Kane et Judy KaneLes Waldkindergarten en Allemagne

Joli tour d’horizon, n’est-ce pas?

Je ne sais pas vous, mais moi, après avoir lu tout ça, je me dis: mais bon sang, pourquoi ne favorise-t-on pas de telles pratiques, dans toutes les écoles? L’exemple de l’école de Strasbourg nous montre que ce serait possible partout, même en ville!

Mais sans doute êtes-vous comme moi: ici, dans mon village, il y a une école communale ordinaire, avec ses atouts et ses inconvénients. Il n’y a bien entendu pas de programme d’école du dehors. C’est tout de même là que j’inscrirai ma fille, dans quelques mois.

Je me retrousse donc les manches, non mais oh!! On ne va pas baisser les bras pour autant! 😉

Bon… Et vous? Comment faites-vous? Arrivez-vous à offrir l’éducation nature que vous souhaitez à vos enfants? J’adorerais lire vos témoignages en commentaires! 


Photos: Image à la une: Rain0975, bandeau: faungg’s photos. Le reste des photos proviennent du blog de l’école Libre de Saint-Vaast. Encore merci à Anne Dubray et Marie-Laurence Jadot pour ce partage!

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Christelle GALSTER
Christelle GALSTER
1 année il y a

Bonjour
J aimerai savoir si ces écoles dans la nature concernent uniquement la maternelle ou si il en existe aussi en élémentaire (Du cp au cm2)
Je trouve vraiment très intéressant et stimulant pour l enfant!
En maternelle les enfants ont le temps de tout découvrir mais comment faire avec les plus grands qui ont des apprentissages plus poussés dans les classes élémentaires ?

dorothee
dorothee
3 années il y a

Bonjour, tout ce que vous partagez me parle énormément. Je suis moi meme PE et j’ai vécu 2années en Bavière à 2pas d’un Waldkindergarten où j’ai eu le plaisir de découvrir les enfants évoluer au contact de la nature. Me voilà revenue en France des idées plein la tête. Je suis aussi maman de 2enfants et j’aimerais qu’ils intègrent une structure où la nature est présente. Auriez vous recensé des écolesde ce type dans le Bas Rhin. Merci

Barès Valérie
Barès Valérie
3 années il y a

Bonjour et merci pour ces reportages . J’aimerais savoir si toutes les écoles proposant ces  » programmes  » dépendent toutes de l’ EN ou si certaines d’entre elles sont privées / sémi privées .
Question dans le but d’établir éventuellement un projet d’école nature .
Merci
Cordialement