Santé

Vos enfants souffrent-ils du premier symptôme du Syndrome du manque de nature?

 

A l’heure actuelle, le syndrome du manque de nature n’est pas encore
reconnu dans les manuels médicaux. Heureusement, une prise de conscience
s’opère petit à petit dans nos sociétés occidentales.

Sédentarisation, temps passé devant des écrans, urbanisation, peur de la nature… les
causes du développement de ce syndrome sont multiples et elles commencent
à être sérieusement interrogées.

Vous pouvez écouter le podcast directement sur le blog en cliquant sur le bouton Lecture.  Pour enregistrer le podcast sur votre ordinateur et l’écouter en faisant la vaisselle par exemple, en faisant un clic droit ici, puis Enregistrer le lien sous. 

 

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Du jeu libre dans la nature…

Photo: Travis Swan

A notre échelle, c’est à dire à l’échelle de parents soucieux du bien être
de leur enfant, comment se prévaloir de ce syndrome?

En veillant à ne pas le laisser s’installer, bien sûr… mieux vaut
prévenir que guérir! Mais s’il était déjà là? Dans ce cas, mieux vaut en
connaître les symptômes. Il sera toujours temps de revoir nos habitudes et
de remédier à la situation.

Qu’est-ce que le Syndrome du manque de nature?

C’est Richard Louv qui, en 2005, dans son livre Le dernier enfant des bois
a donné un visage à ce syndrome, en le baptisant le « Nature-deficit
disorder ». Ce que l’on pourrait traduire par « Trouble déficitaire relié à
une carence de nature » ou plus simplement « Syndrome du manque de nature ».

Ce trouble fait référence au fait que les enfants passent
de moins en moins de temps en plein air, ce qui serait une des causes
majeure de problèmes de santé, parfois graves ainsi que de
troubles comportementaux.
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Cueillette pour une cure de santé?

Quel est le premier symptôme de ce syndrome?

Il s’agit de l’obésité.

D’après le Center for Disease Control and prevention (Centre de Contrôle et
de Prévention des Maladies aux Etats-Unis), le nombre d’enfants atteints
d’obésité entre 2 et 5 ans a augmenté de 36% aux Etats Unis entre 1989 et
1999 et 60% des enfants obèses ont un facteur de risque plus élevé de
développer des maladies cardio-vasculaires.

Bien sûr, l’obésité peut être liée à une prédisposition génétique, à une
cause virale, à un manque chronique de sommeil… Mais les deux causes
principales de l’obésité sont d’une part les longues heures passées
quotidiennement devant un écran (TV, ordinateurs…) et d’autre part le
manque d’activité physique.

Dans l‘Union Européenne, c’est une des plus grande menace pour la santé
publique et elle touche 3 millions d’enfants. « Dans 99% des cas,
l’influence de l’environnement dans l’augmentation de l’obésité est
prépondérante. »*

Ok, faisons faire du sport à nos enfants!
Oui mais voilà… En même temps que l’obésité, se développent les clubs
sportifs à destination des enfants. Ils sont donc de plus en plus nombreux
à pratiquer des sports. Le problème est-il pour autant résolu?

bambins
Enfants du Club des Roulades dans l’Herbe

Malheureusement non. C’est donc qu‘il est nécessaire de s’interroger sur
la nature des activités physiques dont ont besoin nos enfants. Le sport en
club, s’il est associé à un réel plaisir, peut en partie lutter contre
l’obésité. Mais l’activité physique pratiquée quotidiennement est la plus
importante. Quel genre d’activité physique peut être pratiquée tous les
jours par un enfant, sans rechigner, sans même s’en rendre compte?

Il y en a une. Il s’agit du jeu libre dans un endroit qui soit propice pour stimuler le mouvement,

l’imaginationL’endroit idéal, c’est un lieu de nature.

Permettez-moi à ce propos de citer un extrait du livre de Richard Louv:

« The pysical exercise and emotional stretching that children enjoy in
unorganized play is more varied and less bound-time than is found in
organized sports. Playtime_ espacially unstructured, imaginative , explory
play_ is increasingly recognized as an essntial component of wholesome
child development. »

« L’exercice physique et la détente émotionnelle dont bénéficient les
enfants grâce au jeu libre sont plus intenses et réels qu’en pratiquant
des sports organisés. Les moments de jeu et plus particulièrement s’ils ne
sont pas structurés, s’ils font appel à l’imagination ou à l’exploration,
sont de plus en plus reconnus comme étant essentiels pour un développement
harmonieux de l’enfant. »

Je cite maintenant Howard Frumkin, Directeur du Centre pour la Santé liée
à l’Environnement aux Etats Unis:

« Play in natural settings seems to offer special benefits. For one,
children are more physically active when they are outside_ a boon at a
time of sedentarity lifestyles and epidemic overweight. »

« Jouer dans la nature semble procurer des bienfaits particuliers. Entre
autre, les enfants semblent plus actifs physiquement lorsqu’ils sont
dehors, un élément précieux à l’heure d’une sédentarisation de nos modes
de vie et d’une épidémie de surpoids. »

 

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Marathon des bébés…

Une solution simple et à la portée de tous pour
lutter contre l’obésité infantile

Cette solution peut paraître simpliste. Mais pourtant, si l’obésité
infantile a fortement augmenté ces dernières années, c’est sûrement qu’il
est nécessaire de questionner l’ensemble des éléments qui ont été modifiés
sur cette période:

  • Les enfants passent trop de temps devant les écrans: à nous adultes de
    limiter ce temps.
  • Les enfants mangent trop de sucreries: apprenons à éduquer leurs
    habitudes alimentaires.
  • Les enfants ne font pas assez d’activité physique: …………. C’est la
    réponse à cette question qui est peut-être à revoir.

Voici simplement la réponse qui apparemment ferait la différence:

Il est urgent de veiller à ce que nos enfants puissent jouer librement, chaque jour, au moins pendant 1 heure, dehors. Si possible dans un endroit empreint de nature, avec des arbres, de l’herbe, des rochers à escalader, de la terre à gratter, des petites bêtes à observer, des histoires à s’inventer…

Si ce lieu n’existe pas à proximité immédiate du domicile, il faudra
évidemment trouver une alternative. Par exemple, du jeu libre à
l’extérieur autant que possible la semaine, dans un lieu urbain sécurisé.
Puis une sortie nature chaque week-end. Viennent ensuite les vacances:
vacances à la campagne, pourquoi pas avec nuits sous la tente…

Vos enfants ont-ils accès à cette heure de jeu libre chaque jour?
Jouent-ils souvent dans la nature?

Si votre réponse à une de ces deux questions est non, je vous souhaite et
je vous engage à y remédier.

Idées d’activités nature, à la portée de tous :

Ma petite contribution est par les idées d’activités nature que vous
trouverez sur ce blog:

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En oubliant surtout pas que le jeu libre, donc non dirigé par l’adulte,
est lui aussi réellement essentiel pour l’enfant.

 

>>>A lire: Syndrome de manque de nature : Quels dangers pour nos enfants

En espérant que la prise de conscience de ce mal soit massivement et sérieusement considérée, y compris par les
pouvoirs publics…

 


Ressources que j’ai utilisées pour écrire cet article:

le syndrome de manque de nature: Du besoin vital à la prescription de
sorties, Réseau Ecole et Nature, version juin 2013
-Richard Louv: Last child in the woods: Saving our children from Nature-
deficit didorder, 2005
-*International Obesity Taskforce, Obesity in Europe, the case for action,
London, 2002


 

Photos: Travis Swan (by Flickr)


(Jingle du podcast: source sonore: www.universal-soundbank.com, Chant d’oiseaux variés et Senegal – inst : Tambours – Voix)


 

 

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11 Comments

  1. Article très intéressant. Et en fait, nous aussi les adultes on peut en souffrir de ce syndrome. C’est très net chez moi, si je n’ai pas mon heure de temps passé dehors, j’ai mal à la tête, alors que je ne suis pas du tout migraineuse… Du coup on essaie de passer un max de temps dehors avec la lutine, et ça nous fait du bien à toutes les deux.

    1. Je constate exactement la même chose!
      D’ailleurs, je trouve qu’une bonne dose de nature m’aide considérablement à faire face aux responsabilités ainsi qu’aux multiples tâches de ma vie d’adulte. Je crois que les adultes sont plus que concernés par ce syndrome de déficit de nature!

  2. Merci Emilie, superbe sert article, je ne savais pas…
    ET intéressant ce que dit Adeline, pour tant je ne passe pas beaucoup de temps dehors… opus!

  3. C’est génial cet article, merci.
    J’ajouterais pour les curieux cette référence :
    Le livre Perdus sans la nature, de François Cardinal. Émaillé de chiffres, de statistiques frappantes.

  4. Cet article permet de prendre conscience de la profonde aberration qui a présidé à l’urbanisme des villes Françaises au XXe siècle. Il est grand temps d’en changer.

    En fait, il y a d’autres mécanismes probables que l’article n’évoque pas :
    (1) La terre héberge des micro-organismes qui seraient bénéfiques (antidépresseur)
    (2) Le contact direct avec la terre permettrait d’équilibrer les charges électriques dans le corps, l’aidant à lutter contre les inflammations et le stress oxydatif, donc le stress ressenti…

  5. Bonjour Sylvain,
    En effet, les aberrations de politiques urbaines, passées et présentes, dont nous subissons les effets, sont malheureusement multiples. Il y a heureusement quelques belles avancées à saluer mais encore bien trop isolées!
    Les éléments que vous ajoutés sont cruciaux. Afin de les aborder, j’ai récemment fait appel à un spécialiste dont vous pouvez lire l’article ici:

    Découvrez pourquoi se salir dans la nature est bon pour la santé des enfants


    Emilie Lagoeyte

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